TÉMOIGNAGES

Note de l’éditeur

 

Il s’appelle Mamadou Kani Bèye. Son nom même renferme une puissance évocatrice non moins importante « Kani » et truculent comme le piment, Cheikhou Diakité, le grand écrivain de Saint-Louis, aurait murmuré entre deux sourires

« amer comme de la sève de cailcédrat ». Mais ce n’est pas seulement son nom qui fait son iconoclaste, il y a qu’il est politicien, pas n’importe lequel, mais celui-là qui ose naviguer entre les courants, sans jamais prendre le parti d’être un transhumant ; il réclame haut et fort son appartenance au clan des Khalifa Sall, tout en prêtant une oreille souriante à Macky Sall, grand leader d’un autre part politique et Président de la République du Sénégal. Et comme si tout cela ne suffisait pas, il y a ajouté l’écriture. Et Monsieur Kani Bèye, qu’ici aux Éditions Salimata, nous appelons sans sourciller, Excellence, est écrivain. Un balèze écrivain puisqu’il vient de jeter dans la nomenclature, sept dictionnaires, comme un vibrant écho à Khadmoul Rassoul qui a produit sept tomes pour la gloire de son prophète et de son Dieu. Mamadou Kani Bèye l’a fait pour le vif intérêt de la communauté. Et ce sont ces dictionnaires, dont deux sont de véritables pavés, que les Éditions Salamata, ont l’insigne honneur de vous présenter dans ces lignes jetées à la hâte, peu avant la publication de l’immense travail de notre fécond auteur.

L’écriture de Mamadou Kani Bèye sort des sentiers battus. C’est celle d’un homme qui a beaucoup voyagé et qui s’est confronté à la multitude des cultures existant sur la planète. Avant même les économistes, lui avait déjà fait de la terre entière un village planétaire. C’est l’expérience d’un homme quoi a roulé sa bosse un peu partout qu’il nous donne en partage à travers ces dictionnaires

 

 

Nous le disons tout de suite, le lecteur doit avoir, avant tout, une lecture indulgente d’un homme qui a sa propre manière de dire sa pensée. Il ne cherche guère à l’enfermer dans des envolées littéraires qui pourraient nuire à son dialogue avec l’autre. Il a sa façon de dire les mots, d’agencer ses phrases que l’on ne retrouvera nulle part sur les bancs universitaires. Peu importe, puisque l’élan est noble, et la générosité est là celle d’offrir au monde des référentiels en toute matière. Les tournures de phrases que l’on rencontrera ici, sont bien à lui et il a tenu tout au long de l’élaboration de l’édition des dictionnaires à ce que son style soit laissé intact, tel il a plu à l’inspiration de le déposer dans son tréfonds. Qu’elle soit correcte ou qu’elle heurte la pensée par sa composition, nous avons conservé la volonté de l’auteur, et s’il le faut, nous serions assez heureux de produire une deuxième fois, un Amadou Kourouma, beaucoup plus négligé dans son dire, et tout à fait anticonformiste, grammaticalement parlant.

Mais ce n’est pas cela l’essentiel. Ce qu’il faut retenir c’est que Monsieur Bèye vient d’accomplir un grand travail intellectuel, et ceux qui voudront bien feuilleter ce livre s’en rendront compte dès les premières pages. Pour cette œuvre monumentale, nous sommes sûrs que monsieur Bèye à sa place dans le livre de Guiness. En dehors de Diderot et de son encyclopédie, quel écrivain, quel homme de lettre qui a eu cette puissante poitrine de produire en un jet sept volumes embrassant différents domaines de la connaissance humaine. Mouhamed fut le sceau des prophètes, mais Mamadou Kani Bèye, aura pour longtemps son record jamais égalé. Même si ce travail lui a pris trente longues années et qu’il a fallu plus d’un an pour achever sa publication, ces dictionnaires viennent renforcer le vernis de notre civilisation.

Nous disons bravo à son Excellence, Mamadou Kani Bèye. Les Éditions Salamata lui tirent leur chapeau et souhaitent bon vent à ces sept géants dictionnaires.